Lettre à un.e athée

10 mai

Je ne suis pas meilleure que toi.

Si on avait chacun une balance avec d’un côté le bien et de l’autre le mal dont nous sommes responsable, beaucoup d’entre toi s’en sortiraient bien mieux que moi. J’en connais un certain nombre dans le monde médical, par exemple.

Je suis juste… plus chanceuse.

En effet, j’ai l’immense chance de connaître un peu mieux chaque jour la Miséricorde de Dieu, Son amour immense pour moi, Sa volonté de vivre avec moi pour l’éternité. Je fais le mal, je tombe et je retombe, tout comme toi et sans doute pire que toi ; MAIS je crois à Son pardon qui me relève, à Son amour qui m’aime telle que je suis. Ca change tout, comme tu peux l’imaginer. :) 

 ***

J’ai parlé souvent avec toi, et je sais que souvent à ce moment-là tu veux répondre avec deux grands yeux compatissants, you know nothin’ Jon Snow. (Le nouvel épisode c’est demaiiiiiiiiiiin !)

La voie de la sagesse moi j'dis.

La voie de la sagesse moi j’dis.

 Bref. Souvent, tu dis que j’invente cet Amour, cette Miséricorde, que je comble le manque du père, que la vie est plus facile avec un Dieu Tout-Amour, que toi tu es plus fort et que tu affrontes la vie en vérité, sans te cacher derrière un bisounours, fut-il tout puissant.

 ***

Je ne suis pas une intellectuelle et les concepts abstraits me font un peu peur, alors je réfléchis plus avec mes tripes qu’avec mon cerveau, en plus c’est vrai il y a des neurones dans le tube digestif. Peut-être que tu as raison, peut-être que Dieu n’existe pas, peut-être que la psychanalyse suffit pour tout expliquer. Je ne peux pas éliminer cette hypothèse, après tout… N’empêche que mes tripes et moi on a de gros doutes là-dessus.

Tu vois, je pensais à tout ça en allant à la messe ce soir. Je n’avais aucune envie d’y aller, aucune envie de devoir assumer ma misère, j’en ai marre de Sa miséricorde, j’en ai marre de lâcher prise, j’en ai marre de Le laisser m’aimer quand zut quoi je ne suis pas aimable, j’en ai marre de ne pas me laisser désespérer tranquillement, j‘en ai marre de devoir ouvrir la porte de mon cœur à un amour immense que je ne mérite pas du tout, j’en ai marre d’accepter d’être si petite, j’en ai marre d’accepter d’être une merveille.

Non ce n’est pas contradictoire, c’est juste complexe.

Bref, mes tripes votaient pour un retour illico presto sur mon canapé, et c’est justement ce qui me fait douter de ton histoire de psychanalyse. Tu vois… croire en Dieu, ce n’est pas confortable, en tout cas pas pour moi. Je me retrouve trop souvent en rébellion contre Dieu pour croire que c’est moi qui L‘invente, ou alors je suis SM mais je crois pas non plus. Je refuse trop souvent l’infini de Son pardon pour que cette idée complètement absurde vienne de moi.

Ce n’est pas confortable du tout d’être aimée telle que je suis et non telle que je voudrais être, d’accueillir Son pardon à chaque chute, de lâcher prise sur ma misère pour saisir la corde du Salut, bref d’espérer en Sa miséricorde (j’ai toujours adoré ce jeu de mot, je suis contente d’avoir pu le caser celui-là, #PetitBonheurDuJour).

 ***

Croire que Dieu m’aime inconditionnellement, ça veut dire que je dois accueillir Son amour dans tout ce que je suis, même et surtout dans mes facettes les plus détestables.

Croire en cet Amour, c’est être appelée à aimer comme Lui. M’aimer moi, t’aimer toi, L’aimer Lui. C’est l’Evangile du jour : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ; venant d’un type qui s’est laissé crucifier par amour, ça te pose une certaine exigence hein quand même.

Croire en Dieu, je te promets que ce n’est pas simple. C’est génial et formidable et le meilleur truc de toute ma vie, mais ce n’est pas simple. Je suis arrivée à l’église avec l’impression d’avoir affronté un puissant vent de face, et d’avoir perdu 10 kilos (juste une impression, hmmmpf).

 ***

Je sais bien que ce brillant argumentaire made in Mes tripes® ne va pas te rendre croyant, d’ailleurs ce n’était pas le but. De toute façon, croire c’est avant tout rencontrer Dieu, d’une façon ou d’une autre. Mais voilà, ça me semblait être important pour l’idée que tu peux éventuellement te faire de Lui.

***

Dieu n’est pas un bisounours, Dieu est Amour.

C’est bien plus rude, et c’est bien plus mieux !

La beauté des petites fleurs

19 jan

« Bonjour madame, comment ça va ?

-Très mal. Moral au plus bas. Soit vous me le remontez, soit vous m’achevez. »

Rester sereine, repousser mentalement quelques tâches du jour au lendemain, ne pas soupirer. S’asseoir, sourire, questionner.

La première fois que j’ai entendu un patient exprimer sa souffrance psychique, son sentiment de non-sens, son envie de mourir… j’étais tout juste externe. Premier stage. Je me souviens avoir été choquée mais surtout très gênée : face à un patient en souffrance, j’étais tiraillée entre mon idéal chrétien d’oser des gestes et des mots d’amour, et mon éducation de médecin qui me disait de surtout « garder la distance pour me protéger, pas de compassion, que de l’empathie ».

(Je n’ai jamais saisi la différence, mais ça avait l’air important).

J’ai mis du temps avant d’oser prendre la main d’un patient sans me sentir parfaitement ridicule et gauche.

J’ai mis du temps avant de caresser une joue.

J’ai mis du temps avant de soutenir un long regard silencieux.

C’est tellement dur… et tellement beau.

Parler du sens de la vie, essuyer une larme, consoler une solitude, apaiser une peur. Accompagner, soigner.

« Maintenant je veux être entourée de gens gentils et doux. Je veux inspirer de la pitié.

-Vous ne m’inspirez pas de la pitié…

– Ah bon ? Je vous inspire qwaaaa ?

*sourire*

– Vous m’inspirez de la tendresse.

-Oh. Ca c’est bien. »

Jamais je n’aurais osé ce mot si je n’avais été seule avec elle. Peut-être un jour ? Après tout, c’est en écoutant mes chefs de soins palliatifs que j’ai beaucoup appris, je réalise aujourd’hui que ça ne devait pas être facile. C’est normal : la vulnérabilité a besoin de pudeur pour être assumée.

« Maintenant je suis fragile comme une petite fleur.

-C’est beau les fleurs…

*silence*

-Vous croyez vraiment, docteur ?

-Oui. Je suis sûre. »

Mystère…

12 sept

« Bonjour madame ! Je suis Dopamine, je suis l’interne. »

Oh. My. God.

C’est ma bouche qui a dit ça. La petite fille en moi hésite entre sourire aux anges ou se cacher effrayée sous le lit (elle croit encore que ça marche, la choupinette).

 

Bref. Maintenant quand je vais à l’hôpital, j’examine toute seule mes patients, je décide presque toute seule de demander des examens complémentaires, je prescris des médicaments et je fais même des courriers : pas de doute, je suis bien une interne ! Enfin plus exactement, je suis Faisant Fonction d’Interne, ou FFI comme c’est écrit sur mon joli badge… Mais bon, il n’y a que deux personnes pour qui cette différence est importante : ma patiente Alzheimer qui s’est soudain cru revenue à la Libération de Paris, et mon chef qui me surcouve, un vrai papa poule. <3

 

Rentrée des classes, rentrée du blog, héhé !

Bon euh, je vous avoue que j’ai un peu perdu la main, j’ai déjà écrit quelques textes aujourd’hui dont je ne suis pas satisfaite, ils ont donc rejoint mon dossier cimetière brouillons. Du coup je vais faire court et pas chiadé, vous ferez avec, chers choupinets.

***

Du coup c’est nul, je dois retrouver une première phrase d’accroche alors que je suis déjà au quatrième paragraphe, nan mais vraiment Dopamine tu fais n’importe quoi.

Bon. Euh.

 ***

Comme vous le savez, je suis une catho à l’hosto. #scoop

(Ouais bah ça va, hein, je fais ce que je peux).

En conséquence de quoi, je vois des malades. #JournéeDuScoop

Ils sont chacun dans leur chambre à attendre, et mes chefs et moi les voyons dans l’ordre, en partant de la chambre n°=1 jusqu’à la chambre n°=20… Enfin, dans l’idée. La réalité est qu’on zigzague entre les soins infirmiers, les toilettes, les séances de kiné et les sols mouillés. Et tout ce schmilblick s’appelle, tadaaaaam, la visite médicale. First point.

Second point, toujours lié à mon identité de catho à l’hosto : il m’arrive de réciter des rosaires chapelets dizaines en méditant sur des passages de la vie de Jésus (que l’on appelle mystères, admire la subtilité du titre de l’article maintenant) ; je vous avoue que spontanément j’ai tendance à préférer méditer un truc heureux plutôt que douloureux, du coup ça tombe souvent sur, tadaaaam, la Visitation.

 

Avouez que c’est bien amené.

 

Visite, Visitation… même combat ?

 

A ma connaissance, et surtout à la connaissance de Google, le mot visitation n’est utilisé que pour évoquer un épisode de la Bible : Marie, enceinte de quelques heures probablement – amuse-toi à calculer une date de fécondation quand le père c’est le Saint Esprit – part en toute hâte voir sa cousine Élisabeth. En effet, l’ange lui a dit juste avant de se tirer que cette vieille femme stérile était enceinte. Et cette parole suffit à Marie pour :

1/ croire en cette folie sans poser de questions

2/ se dire que potentiellement Élisabeth va avoir besoin d’aide, on n’y pense jamais mais ça n’a pas dû être drôle de cumuler les items de gériatrie et de gynéco. Tout ça avec un mari muet, grosse ambiance.

3/ que ok il vient de lui arriver un truc de fou, l’ange, l’Emmanuel, l’ombre de l’Esprit… mais bon le monde continue de tourner et ce n’est pas maintenant que Marie va commencer à se centrer sur elle-même et son nombril, fût-il distendu par un divin Fœtus.

 

Vas-y que je te selle Cadichon, et zou galinette.

Au bout de la route, Marie arrive et salue Élisabeth. Celle-ci s’apprête à répondre poliment comme sa maman lui a appris… Mais soudain, l’enfant tressaille de joie en elle, suite à quoi elle est remplie d’Esprit-Saint. Sa salutation se change en parole de bénédiction pour la « mère de son sauveur ». En réponse, Marie s’enflamme à son tour et proclame son Magnificat, son chant d’amour pour son Dieu de miséricorde.

 

Voilà, la Visitation de Marie à Élisabeth.

 

Et du coup, la Visitation de Dopamine à ses patients, ça donnerait quoi  ?

Savoir que l’autre souffre. Accepter de voir sa souffrance.

Savoir que je peux l’aider. Me former pour savoir le soigner.

Ne pas être centrée sur moi et ma vie, mais être centrée en moi pour pouvoir me tourner vers les autres.

Seller Cadichon.

Dire bonjour. (On dirait un cours de module 1 ce billet) (oui on a des cours pour apprendre à dire bonjour aux patients).

Porter Jésus dans mon cœur, pour pouvoir L’apporter à mon patient. Que la laïcité ne soit pas outrée, je ne parle pas de signes visibles : c’est un embryon de même pas deux semaines que portait Marie en son sein, en terme de discrétion ça se pose là. Mais voilà, il faudrait tout simplement « incarner Dieu ». Il me semble que c’est finalement le moyen le plus efficace – pas le plus évident, je vous l’accorde – pour témoigner de Dieu : être pour Jésus une « humanité de surcroit », comme disait la bienheureuse Élisabeth de la Trinité, qui envoyait du pâté de licorne.

 

Prier le Saint-Esprit, car Lui seul peut faire de cette banale visite médicale une nouvelle Visitation.

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Le temps des cailloux

26 juin

Eh bien voilà.

Cela fait déjà un mois (moins 20 minutes, merci Angers qui nous avait tous retardés) : il y a 30 jours, je découvrais fébrilement le dossier n°1 des Épreuves Classantes Nationales, et je le ratais superbement.

 

À l’heure où ces lignes seront publiées (si j’ai bien programmé le bidule ET que le bidule marche – j’ai comme un doute), il me restera pile 13h à vivre à l’hosto dans la peau d’une externe, avant que s’ouvrent deux mois entiers de formidables vacances. Youhouuuu !

 ***

Mais déjà, mon rythme a totalement changé.

Quand je rentre de l’hôpital, je n’ai RIEN à faire : pas d’items, pas de confs, pas de colles. La première fois, j’ai eu comme un vertige ; il était 18h30, j’avais plus de 5h de libre devant moi… Mais qu’est-ce que les gens font de tout ce temps ?

Quand je vois mes amis, je n’ai plus ce stress de « profiter à fond » avant de reprendre le boulot, je n’ai qu’à vivre ce temps de façon totalement gratuite. Eh oui, dans la vraie vie, on passe le dimanche à pique-niquer au soleil avec ses potes, à jouer à des jeux qui rendent toctoc (cassedédi) et à manger des glaces. Et ce n’est pas une pause, c’est juste… normal. Juste la vraie vie.

 ***

Cette sensation d’avoir tant de temps persiste, mais est en train de partir progressivement. Petit à petit, mon cerveau oublie comment une heure peut être rentabilisée et efficace, et je réapprends à… perdre mon temps.

C’est bon, et à la fois ce n’est pas bon. #PointNormande

 

C’est bon, parce que hmmmmmmmmmmmmmmmmm c’est bon de laisser reposer mon corps, sans stress, sans ToDoList, sans obligations.

 

Ce n’est pas bon, parce que je ne veux pas m’installer là-dedans. Je n’ai qu’une vie, alors je veux la vivre à fond, pas la perdre en sieste, bains, séries et glandouillages divers et variés (j’ai beaucoup d’imagination en la matière). Mon temps, je ne veux pas le perdre, je veux le vivre, et idéalement je veux le donner.

Concrètement, c’est le moment pour moi de décider de ce que je veux faire de ma vie.

 ***

 

Connaissez-vous l’histoire des gros cailloux ?

 

Un jour, un vieux professeur de l’École Nationale d’Administration Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l’un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour « faire passer sa matière ».

Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : « Nous allons réaliser une expérience ».

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

« Est-ce que ce pot est plein ? ».

Tous répondirent : « Oui ».

Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment ? ».

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :

« Est-ce que ce pot est plein ? ». Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît : « Probablement pas ! ».

« Bien ! » répondît le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : « Est-ce que ce pot est plein ? ».

Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent :

« Non ! ».

« Bien ! » répondit le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras -bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :

« Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? »

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit : « Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».

« Non » répondît le vieux prof. « Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante :

« Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite ».

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors :

« Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps… ? Ou… tout autre chose ? « 

Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :

Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?

Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie).

Je vous laisse méditer là-dessus, et (re)choisir les gros cailloux de votre vie… Le gravier saura bien trouver sa place ensuite ! 

gros cailloux

Babillard

15 mai

 Bonjour tout le monde !

Je vous le dis tout de suite : l’internat étant dans deux semaines 10 jours Maman!, je n’ai pas écrit un vrai nouvel article. Je sais, c’est dur. (Ceci dit, j’ai plein d’idées, et parfois je me fais des tirades mentales en plein milieu de mon cours sur l’embolie pulmonaire, c’est un peu gênant).

Je transforme juste mon blog en babillard l’espace d’un instant : un gentil monsieur m’a demandé de transmettre une annonce qui me plaît bien. En plus, la Bonne Action quotidienne étant mon premier devoir de guide, ça m’arrange : je publie ça, et après je suis peinarde pour la journée ; c’est ce qu’on appelle une bonne affaire.

Voici donc l’annonce.

Je m’appelle Martin et je suis actuellement en stage dans un cabinet de ressources humaines : Ecclésia RH. Ce cabinet (au cas où tu ne l’aurais pas deviné) est spécialisé dans la sphère ecclésiale (NdD: j’avais deviné).

Or, nous sommes en ce moment en relation avec l’hôpital Saint Jean, hôpital très familial, fondé sur des valeurs chrétiennes et souhaitant se développer dans ce sens. Cet hôpital, spécialisé en gériatrie, recherche en ce moment un 5ème médecin qui souhaiterait s’orienter vers la gériatrie et/ou qui a eu une expérience dans ce domaine. L’hôpital en question est situé dans le Loiret à Briare.

Peut-être connais-tu des médecins, jeunes ou moins jeunes,  recherchant un lieu de travail en adéquation avec leurs valeurs ?

 Je te joins l’offre d’emploi formalisée dans ce mail,

 Peut-être, et cela serait vraiment sympathique, serait-il possible de transmettre cette offre sur ton blog ? (NdD: vous avez vu, je suis vraiment sympathique :’) )

Et voici donc, chers médecins qui me lisez, une proposition de job pour vous. Je vous en prie, ça me fait plaisir !

HSJ22 – Annonce Réseaux

 

Pâques woman

24 avr

Nous sommes tous des êtres blessés. Manque d’amour, trahison, peurs, insécurité, maladie, abandon, solitude… je ne connais personne dans mon entourage qui ne soit arrivé à l’âge adulte sans casserole psychologique.

Pour ma part, je n’ai jamais connu mes parents vraiment heureux ensemble, de ma petite enfance jusqu’à leur divorce. Ils ont fait de leur mieux pour nous épargner, je crois… mais il y a des mots que je n’aurais pas dû entendre, il y a des scènes que je n’aurais pas dû voir. C’est mon passé.

 

A 15 ans, je m’enfilais les Vodkas-pommes en soirée, regardant cyniquement des jeunes fils-à-papa danser le rock avec application, bien sagement comme on leur avait appris.

A 18ans, concours en poche, je sortais tous les soirs pour l’happy hour des bars du coin ; je rentrais ivre plusieurs fois par semaine, me fiant à la lumière des lampadaires pour marcher droit. Les soirées se finissaient par des joints de cannabis et autres fausses-joyeusetés. Il ne m’est jamais rien arrivé, j’ai un ange-gardien du tonnerre (d’ailleurs je dédie ce post à mon ange-gardien <3 ).

A 19 ans, j’ai frôlé la boulimie. Je tenais un cahier de calories, ne mangeant que des poivrons à la vapeur pendant 4 jours pour finalement craquer et acheter brioche et cacahuète dont je me gavais. Pour compenser, je me faisais ensuite vomir avec une vieille brosse à dent, et j’avais même acheté des laxatifs pour, euh, you know. Encore une fois, <3 mon ange-gardien.

 

***

Pourquoi je vous raconte tout cela ?

Parce que… dimanche dernier, nous avons fêté Pâques. #RapportChoucroute

 

Rappel des faits :

1/ Le vendredi, Jésus est condamné à mort à la suite d’un procès que nous qualifierons pudiquement de vaste fumisterie. Il est flagellé, couronné d’épines, chargé de la croix ; Il tombe, trois fois. Il est ensuite cloué sur Sa croix, et meurt. Le rideau du temple se déchire, le ciel s’obscurcit, et les conversions commencent : un centurion romain, en ce pauvre dont il a joué les vêtements, en ce cadavre dont un de ses soldat va percer le côté, reconnait le Fils de Dieu. Mystère de la Foi…

Absence de pouls.
Rigidité cadavérique.
Ablation du pacemaker.
Mise au tombeau.
Mort.

2/ Le samedi, jour de Shabbat, jour de repos, jour de silence.

3/ Le dimanche, les femmes prennent huiles et parfums pour embaumer ce corps voué aux vers de terre. Elles se demandent sur la route comment rouler la pierre sans homme fort à leur côté (les ravages du patriarcat toussa).
Mais TADAAAAAM, la pierre est déjà roulée, le tombeau est vide, VIDE ! Et Dieu est ressuscité, Il apparaît, Il montre ses plaies à St Thomas, il mange du poisson, c’est pour dire.
Joie de Pâques !

 

***

Certes.
Ça fait une belle histoire pour endormir les enfants (tant qu’on ne s’appesantit pas trop sur les épines dans le crâne et les clous dans les tendons, certes). #BonneNuitLesPetits

 

Mais ça ne suffit pas pour expliquer 2000 ans de christianisme, des centaines de communautés religieuses, des milliers de martyrs, des millions de saints, des milliards de prières. Ça n’explique pas la transmission de la Foi à travers les âges.

 

Je veux dire… Je ne suis pas catholique parce que j’ai lu quelque part que le cadavre d’un chouette type de l’an zéro était revenu à la vie. Je suis catholique parce que – restez calmes ça va bien se passer – ce chouette type, je Le connais aujourd’hui.
En fait, c’est super logique : si je crois qu’il est ressuscité, ça veut bien dire qu’Il est encore vivant aujourd’hui. Si je L’ai rencontré aujourd’hui, ça veut bien dire qu’Il est vraiment ressuscité deux millénaires plus tôt.

Le deuxième effet Kisscool de Pâques, c’est les chocolats la présence de Jésus VIVANT aujourd’hui dans ma vie. Et ça change tout ! Ça explique mes prières, mes sourires, mes communions, mes confessions, mon espérance et ma joie !

 

***

 

Jamais deux sans trois, et ce n’est pas Dieu qui vous dira le contraire. Colossiens 2, 12 : « vous êtes aussi ressuscités en Lui et avec Lui, par la foi en la puissance de Dieu ».

Passé composé.

Je suis AUSSI ressuscitée.
Tu es AUSSI ressuscité(e).
Il/Elle est AUSSI ressuscité(e).

#ToiAussiRéviseTaConjugaison

 

Voilà pourquoi je vous racontais un peu mes blessures : c’est mon témoignage de  Pâques-woman (oui oui j’assume).

J’étais haineuse, et Dieu me donne de pardonner. 
J’étais autodestructrice, et Dieu me donne de m’aimer.
J’étais narcissique, et Dieu me donne de me tourner vers les autres.
J’étais morte, et Dieu me ressuscite.

Dès aujourd’hui.

Petit à petit.
Il Lui a bien fallu trois jours, à Lui.

 

JOIE DE PÂQUES, ALLÉLUIA !

Si vous regardez bien, on me voit sur cette photo.

Si vous regardez bien, on me voit sur cette photo. Avec toi  ?


21 Mars

28 mar

La première fois que j’en ai vu une, j’étais en maternelle. Elle m’a fait peur, elle était différente : elle s’essuyait son nez couvert de morve dans la serviette pour se sécher les mains. (Et ça fait super peur, faut l’admettre). Je l’ai sans doute regardée bizarrement, avant d’aller en parler à ma copine Camille. Elle, elle n’en avait pas peur : elle les connaissait, elle en avait même une dans sa famille !
Une personne trisomique.
J’ai eu beaucoup de chance : mon école catholique accueillait toute une classe de ces personnes, et nous partagions la cour de récré. Ma copine Camille avait (et a toujours) des parents formidables : chaque semaine, ils ouvraient leur table à trois de ces élèves, facilitant la vie de leurs parents. Du coup, j’ai grandi avec eux. Leur maitresse nous donnait quelques conseils pour leur parler, nous expliquait leur maladie… Pour le reste, ça s’est fait au fur et à mesure. J’ai appris leurs prénoms, leurs visages, leur caractères bien différents. J’ai appris leurs yeux bridés, leur souplesse, leur retard de croissance. J’ai appris leur retard mental, leurs colères parfois effrayantes, leur vision mauvaise. J’ai appris leurs sourires, leurs rires, leur exubérance.

Emmanuel, devenu notre chouchou avec sa petite boucle d’oreille,
Alexis, avec ses lunettes de travers et ses câlins soudains,
Amélie, qui mettait toujours le bazar dans les toilettes,
je me souviens d’eux bien mieux que de la plupart de mes camarades de classe de l’époque.

***

Il s’écoula ensuite plus de 10 ans avant que je rencontre de nouveau une personne trisomique. C’est un petit bébé qui vient de naître, il a environ un mois quand je le prends dans mes bras. Ses parents connaissaient le risque ; ils ont refusé l’amniocentèse, dangereuse et inutile quand la vie de l’enfant n’est pas remise en question par un diagnostic. À la naissance, ils ont pleuré, évidemment. Ils pleurent encore… et pourtant, ce bébé est là, dans mes bras. Il rend paisible tous ceux qui le portent, il est si vulnérable ! Si seul survivant d’une hécatombe, un cadeau d’humanité.

extra-chromosome

Ce n’est pas le bébé de mes amis, mais il est #choupinet tout de même.

***

Cours de gynéco : item n°31 : problèmes posés par les maladies génétiques (trisomie 21, mucoviscidose, syndrome de l’X fragile). Problèmes. Cette phrase glaçante de mon livre : « l’incidence de la maladie a beaucoup diminué grâce au dépistage prénatal ». Et cette autre, encore pire je crois : « en cas de diagnostic positif à l’amniocentèse, l’interruption médicale de grossesse n’est pas obligatoire ».

***

Un an plus tard, je suis l’externe de garde aux urgences. Nouvelle ligne sur l’écran, nouvelle entrée, motif : fièvre (ça m’avance, tiens). Je toque, je rentre, je tombe sur une patiente recroquevillée, visage cachée dans les genoux. Un homme est là, il m’explique travailler dans un centre pour handicapés. Ma patiente est atteinte d’un syndrome de Down, je mets deux-trois secondes à traduire en trisomie 21. Bon. Bon. Alors. Nouons le contact. 

« Bonjour madame, je suis le médecin, je viens regarder pourquoi vous êtes malade ». Pas de réaction.
Deuxième essai : « vous êtes à l’hôpital, je vais vous toucher pour vous examiner ». Pas de réaction.
Troisième essai : « bon euh madame je vais écouter les poumons dans le dos, d’accord ? » Pas de réactio… Aaaaaaaaaaah si tiens, le stéthoscope ne lui a pas plu DU TOUT. (Bon, ben au moins son Glasgow est à 15, brillant examen neuro de notre non moins brillante externe).
J’ai cru entendre des trucs bizarres, il faudrait faire une radio du thorax. J’imagine déjà le pire, mais miracle : le manip radio a une cousine trisomique, il n’a pas peur et prendra son temps. La patiente se détend, et finit par sourire.

 

Conférence de psychiatrie, un cas clinique sur un enfant autiste. C’est une pathologie tellement large et méconnue que le programme de l’internat ne nous demande que des connaissances basiques. Du coup, les questions fusent ce soir, avec pour beaucoup d’entre nous une grande découverte du monde de l’autisme, de la complexité de cette maladie, de la vie que peuvent avoir les patients, des dernières avancées scientifiques. Le conférencier nous parle d’une zone dans le cerveau, potentiellement en partie en cause.
« Mais alors monsieur, du coup ça veut dire qu’on va pouvoir dépister en prénatal ? On pourra proposer des IMG alors ?! »
La logique est bien ancrée.

***

La majorité de ma promo n’a jamais ne serait-ce que rencontré une personne trisomique. Il y en a qui croient que les trisomiques sont complètement dépendants, qu’ils ne savent ni se déplacer seul, ni se nourrir seul, ni même parler (une véritable révélation pour un garçon de ma promo, si si). Beaucoup de ces futurs médecins ne voient les personnes trisomiques que comme des malades, sans penser à la personne en tant que telle… Item n°31.

***

Le 21 Mars a eu lieu la Journée mondiale de la Trisomie 21. (Comme toujours, je suis en retard, disons que c’est le quart d’heure la semaine de politesse, et puis 7 jours c’est encore dans l’intervalle de confiance à 95% du 21 Mars). C’est donc à eux que je laisse le soin de conclure cet article (et ça tombe bien, je ne trouvais pas de chute) :)

 

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