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Jésus, sacré pêcheur !

21 Jan

Dans l’évangile d’aujourd’hui  d’hier de jeudi dernier _ petit retard de publication_  Jésus, on le sent un peu débordé dans son taf. Imaginez-vous : le Christ en train d’annoncer le Royaume, de proclamer la Bonne Nouvelle… VS « tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitant sur lui pour le toucher » _ sans forcément prêter attention à ce qu’Il dit. Un joyeux bordel, donc, en tout cas, c’est comme ça que je m’imagine la scène.

Jésus va donc voir ses disciples, et leur dit: Houlà les gars, y’a trop de peuple, c’est le moment de se carapater sur le lac, au moins là-bas y’a pas le feu  « Tenez une barque à ma disposition pour que je ne  sois pas écrasé par la foule » (dit l’homme prudent qui va finir crucifié 3 ans plus tard).
Jésus monte dans une barque de pêcheur, donc.

Bon, ce n’est pas clairement écrit que ce n’était pas une barque de loisir, certes. Mais 1/ca m’arrange, 2/ils z’avaient pas que ça à foutre  3/la mer dans la culture juive, ce n’est pas leur grande pote. Donc une barque de pêcheurs, et si vous n’êtes pas d’accord ben c’est pareil.

Mise en marche de mon cerveau métaphoriphile.
Le pêcheur  / Jésus
lance son filet de pêche  / donne sa Parole
efficace   / efficace et agissante
pour attraper les poissons  /  pour nous attirer à Lui.
Le poisson pêché  / Le pécheur repenti
se fait manger  /  il y a une limite à toute comparaison
et devient le corps du pêcheur  /  devient le Corps du Christ.

Ainsi, ici, Pierre devient pêcheur d’hommes.
Ainsi, aux disciples qui sont fatigués, qui n’ont rien pêché de la nuit, qui se demandent comment ils vont payer leurs factures, Jésus demande de jeter le filet. Dans la confiance. Et bim, ça rate pas, plein de poissons. Ainsi, l’efficacité de la Parole de Dieu ne nous appartient pas ; en revanche, il nous revient de La proclamer. Y’a Nemo  et ses potes qui nous attendent.

La gynéco est une lecon de sainteté.

13 Déc

Je repensais récemment à mes cours de gynéco, et soudain ce fut le big-bang dans mon cerveau, l’illumination totale et incommensurable, la révélation inattendue… bref, la lumière fut. Lumière que je résume par : « Chacun son chemin ».

Oui, alors comme ça, forcément, vous vous demandez quelle moquette j’ai bien pu fumer. Pour vite courir acheter la même, allez, je vous connais, chers geeks. Bon, ne partez pas trop vite chez Mondial Moquette, je vais redérouler le fil de ma pensée, et vous verrez la cohérence. J’espère.

 

Pour moi, un accouchement se passe en 3 phases :

1. modifications du col,

2. engagement, descente, rotation et dégagement,

3. délivrance

Le post partum nécessite une surveillance en 3 étapes, et il ne faut surtout pas oublier de prescrire la rééducation abdomino-périnéale, 10 séances remboursées par la sécu. « Accouchement normal et délivrance » constitue l’item 22 du module 2, c’est tombé à l’internat en 2005. Il faut se méfier de l’accouchement inopiné à domicile, ca peut être une question traitre, surtout si elle est en lien avec un item de module 1. Voila, c’est ma vision de l’accouchement.

Pour ma môman, ses accouchements furent des moments merveilleux, « oui ca fait un peu mal, mais tu oublies si vite, ils te posent ton bébé dans tes bras, celui que tu as porté pendant 9 mois, et le lien créé dans le subjectif devient concret…. »

Bon, après, elle part dans ses trips sur l’allaitement et en général je la coupe avec l’expression vache à lait. Bizarrement le dialogue tourne court.

Pour des amies de mon âge, l’accouchement, c’est un peu l’épée de Damoclès au dessus de leurs têtes. La grossesse ok, le bébé ok, mais entre les 2, la fatalité de l’accouchement fait une sérieuse contre balance. C’est un peu comme le jogging du dimanche matin : c’est lorsqu’on l’a fait qu’on l’apprécie vraiment, qu’on savoure l’agréabilité de la chose.

Pour un de mes potes, « putain c’est quand je pense à un accouchement que je suis le plus content d’avoir le chromosome Y ».  Sans commentaire.

 

J’en étais là de ma réflexion, lorsqu’une évidence s’est dévoilée : chacun de ses regards est vrai. Tous différents, mais tous vrais.

 

Bon, jusque là, vous suivez. Et c’est là que mon cerveau métaphoriphile me fait comparer l’accouchement avec… la sainteté. Et ouais.

Je pensais à un accouchement, un seul, vu différemment par différentes personnes en fonction de leur histoires, leurs vies, leurs personnalité. Je pense désormais à la sainteté, unique, qui ne vient que de Dieu, le seul Saint. Mais vue différemment par chacun, en fonction de son époque, de sa condition, de son…unicité.

Chacun de ses regards est différent, chacun est juste.

Je peux admirer la façon de voir les choses de Maman, son émerveillement devant le « miracle de la vie qui sort de son ventre ». Mais je ne peux pas me mettre à sa place, je ne le dois pas, la mienne se situe de l’autre coté du ventre, avec un stétho et une blouse blanche. Ou plutôt devant mes bouquins d’internat, à boire du café.

J’admire profondément les écrits de sainte Thérèse de Lisieux, l’œuvre de Mère Térésa, la radicalité de Charles de Foucault, l’ardeur de St Jean-Baptiste, le zèle de St Paul, le sourire de Claire de Castelbajac. Ils m’inspirent, ils me guident, ils sont des témoins de la puissance de Dieu dans une vie.

Mais ma sainteté ne sera pas pour autant un copier collé d’un modèle particulièrement réussi dans le passé. Ce sera la MIENNE: moi, tout simplement, mais en sainte, à MA place dans le plan de Dieu.

Et ce sera déjà très bien, c’est moi qui vous l’dit.