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J’ai testé pour vous… faire de la médecine en chirurgie

2 Juil
Je sais, je sais, j’écris peu. Excuse-moi.
Promis, je me flagelle tous les soirs un bon quart d’heure en pensant à toi et au blog. Mais pas trop fort, ça me ferait mal au dos (faut pas déconner non plus). Puis mon dos, en ce moment, j’y tiens : j’en ai besoin pour rester debout toute la journée au bloc. Eh ouais, je suis en stage de chirurgie.
Et même en chirurgie, on arrive à essaie de faire un (petit) peu de médecine. Et c’est beaucoup plus rigolo qu’ailleurs. Ou plus triste, je sais pas encore bien.
***
Par exemple, avec la dame du Quatre. (En chir, on s’en fiche des noms, car « c’est à ça que servent les numéros de chambres, non » ? (Mon chef est formidable).
Opérée pour un sale truc, son état s’améliore de plus en plus chaque jour. Et puis soudain, le drame : elle respire moins bien, elle a des nausées, et « oh dis donc j’me sens pas bien », qu’elle dit. Son ECG précédent était moche, on en refait un nouveau. On va gentiment voir un cardiologue la bouche en cœur, on choisit le gentil qui est là le lundi-mercredi-jeudi matin (j’ai appris ses horaires par cœur). On, c’est ma co-externe et moi.
Le cardiologue, il a beau être gentil, il pose quand même la question qui tue :
« Et l’auscultation, ça donne quoi ? ».
Euh… (échange de regards désespérés).
Ben merde. Trois semaines en chir m’ont suffi pour oublier l’existence de mon stétho, et a priori, au vu de ses pommettes écarlates ma co a fait pareil. Aucune de nous deux n’a ausculté le patient, et on se sent un peu con. Surtout quand on entend des bons gros crépitants dans ses bases pulmonaires. Ah bah oui, ahem, effectivement, insuffisance cardiaque gauche, ça explique son petit malaise. Voui.
Allez zou, au Lasilix comme les autres, et que ça pisse !
***
Quelques jours plus tard, l’infirmière vient nous dire que le monsieur du Six respire moins bien. L’interne nous regarde et nous dit : « allez négocier un scan tho pour suspicion d’embolie pulmonaire ». SANS VOIR LE PATIENT. Le chir, ce héros.
Sauf que ma co-externe et moi, le coup des crépitants de la dame du Quatre nous a suffit. On va dans la chambre, et effectivement le patient est dyspnéique. On sort le stétho, on le met dans nos oreilles bien dans le bon sens, on tire un peu la langue et on se concentre.
Aloooors…
Coté face, bruits du cœur réguliers, pas de souffle audible, la vie est belle.
Coté pile, pas de bruits surajoutés, murmure vésiculaire symétr… Ha nan, pardon. Abolition du murmure vésiculaire en haut à gauche. (En vrai, on a dit apex gauche, mais là c’est à vous que je parle et vous l’apex… j’ai comme un doute).
Alors on a demandé une simple radio  du thorax. Qui a montré un petit pneumothorax.
(On est quand même deux supers externes, soit dit  en passant).
J’avoue mon crime, j’expie ma faute: j’ai savouré la tête de l’interne.
Allez zou, promis, je pars me flageller.