Le temps des cailloux

26 Juin

Eh bien voilà.

Cela fait déjà un mois (moins 20 minutes, merci Angers qui nous avait tous retardés) : il y a 30 jours, je découvrais fébrilement le dossier n°1 des Épreuves Classantes Nationales, et je le ratais superbement.

 

À l’heure où ces lignes seront publiées (si j’ai bien programmé le bidule ET que le bidule marche – j’ai comme un doute), il me restera pile 13h à vivre à l’hosto dans la peau d’une externe, avant que s’ouvrent deux mois entiers de formidables vacances. Youhouuuu !

 ***

Mais déjà, mon rythme a totalement changé.

Quand je rentre de l’hôpital, je n’ai RIEN à faire : pas d’items, pas de confs, pas de colles. La première fois, j’ai eu comme un vertige ; il était 18h30, j’avais plus de 5h de libre devant moi… Mais qu’est-ce que les gens font de tout ce temps ?

Quand je vois mes amis, je n’ai plus ce stress de « profiter à fond » avant de reprendre le boulot, je n’ai qu’à vivre ce temps de façon totalement gratuite. Eh oui, dans la vraie vie, on passe le dimanche à pique-niquer au soleil avec ses potes, à jouer à des jeux qui rendent toctoc (cassedédi) et à manger des glaces. Et ce n’est pas une pause, c’est juste… normal. Juste la vraie vie.

 ***

Cette sensation d’avoir tant de temps persiste, mais est en train de partir progressivement. Petit à petit, mon cerveau oublie comment une heure peut être rentabilisée et efficace, et je réapprends à… perdre mon temps.

C’est bon, et à la fois ce n’est pas bon. #PointNormande

 

C’est bon, parce que hmmmmmmmmmmmmmmmmm c’est bon de laisser reposer mon corps, sans stress, sans ToDoList, sans obligations.

 

Ce n’est pas bon, parce que je ne veux pas m’installer là-dedans. Je n’ai qu’une vie, alors je veux la vivre à fond, pas la perdre en sieste, bains, séries et glandouillages divers et variés (j’ai beaucoup d’imagination en la matière). Mon temps, je ne veux pas le perdre, je veux le vivre, et idéalement je veux le donner.

Concrètement, c’est le moment pour moi de décider de ce que je veux faire de ma vie.

 ***

 

Connaissez-vous l’histoire des gros cailloux ?

 

Un jour, un vieux professeur de l’École Nationale d’Administration Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l’un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour « faire passer sa matière ».

Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : « Nous allons réaliser une expérience ».

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

« Est-ce que ce pot est plein ? ».

Tous répondirent : « Oui ».

Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment ? ».

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :

« Est-ce que ce pot est plein ? ». Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.

L’un d’eux répondît : « Probablement pas ! ».

« Bien ! » répondît le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : « Est-ce que ce pot est plein ? ».

Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent :

« Non ! ».

« Bien ! » répondit le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras -bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :

« Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? »

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit : « Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».

« Non » répondît le vieux prof. « Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante :

« Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite ».

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors :

« Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps… ? Ou… tout autre chose ? « 

Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :

Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?

Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie).

Je vous laisse méditer là-dessus, et (re)choisir les gros cailloux de votre vie… Le gravier saura bien trouver sa place ensuite ! 

gros cailloux

14 Réponses to “Le temps des cailloux”

  1. crevettedemars 26 juin 2014 à 14 h 19 min #

    Merci pour cette leçon de vie ! C’est tellement vrai … cependant je tiens à faire remarquer que contrairement à cette expérience on est pas obligé de toujours remplir totalement le bocal, parfois laisser du vide fait du bien …😉

  2. Frédérique Lucas 26 juin 2014 à 14 h 21 min #

    J’en connais une qui est partie aussitôt après les ECN (Angers!) en Chine avec son chéri (mon neveu par ailleurs…) loin du stress de l’attente des résultats! Elle a dû trouver son premier gros caillou!

  3. Anne Claude 26 juin 2014 à 14 h 35 min #

    J’adore cette histoire des gros cailloux.
    On devrait faire une « journée mondiale des gros cailloux ». Chaque année, il y aurait une journée où, dans le monde entier, tous les médias commenceraient par diffuser cette histoire et ensuite chacun aurait toute la journée pour se poser la question : quels sont les gros cailloux dans ma vie!?

  4. Vieil Imbécile (@Vieil_imbecile) 26 juin 2014 à 14 h 41 min #

    Ben… et le sable ? et l’eau ? on peut pas ?o_O

    • Dopamine 26 juin 2014 à 19 h 25 min #

      Si si, l’eau vous pouvez. N’hésitez pas !😀

  5. Etienne Desfontaines 26 juin 2014 à 15 h 10 min #

    L’histoire des cailloux… Je l’ai souvent croisée dans mon métier (industrie du médicament). A 30 ans, à 40 ans, à 50 ans… Les chefs d’équipe, les directeurs commerciaux en panne de métaphore l’utilisaient souvent pour concentrer leurs collaborateurs sur leurs objectifs essentiels… J’ai 65 ans, aujourd’hui. Mon pot est plein d’eau, de sable et de gravier. J’ai deux ou trois gros cailloux dedans. Une quinzaine d’autres dehors.
    Alors, vous savez quoi ? J’ai changé de pot !
    Et je me demande si ce n’est pas ce que notre amie, Dopamine, est en train de faire…
    E.D.

  6. David 26 juin 2014 à 17 h 20 min #

    hiiiiii un billet. (bon, maintenant je vais aller le lire)

  7. David 26 juin 2014 à 17 h 22 min #

    dans ma version, il y avait le sable. Et à la fin le prof versait dans le pot ultra plein une bouteille de bière; « parce qu’il y a toujours du temps pour une petite mousse ». C’EST CA LA MORALE DE L’HISTOIRE NAMEHO

    • Dopamine 26 juin 2014 à 19 h 28 min #

      A peu de chose près, ça ferait une chouette devise de prêtre… « Il y a toujours du temps pour une petite messe » !😀

  8. docmamz 26 juin 2014 à 18 h 08 min #

    – ce sentiment étrange de temps libre où on se demande bien quoi faire, tu le retrouveras après la thèse🙂 (quoi ? On peut aller boire un coup en terrasse sans culpabiliser ?)
    Ma crainte à moi, c’était de ne plus savoir savourer ça, et que ça devienne « banal » de ne plus plus être débordée de boulot… en rentrant du boulot.
    2 ans après, j’apprécie toujours autant🙂

    – mon père m’avait raconté les gros cailloux, externe, quand je suis passée au rattrapage avec 12 matières (HUM) et depuis ça revient régulièrement…
    T’as pas fini de te demander ce que tu veux faire de ta vie ^^ (mon dernier billet, ça parle encore de ça… c’était quoi mes rêves ? Est-ce qu’ils sont réalistes ? Réalisables ? Comment ? Lesquels sont vraiment importants pour moi ?)

    • Dopamine 26 juin 2014 à 20 h 27 min #

      Sympa la nana qui me parle déjà du surmenage de la thèse alors que je suis MÊME PAS encore interne !
      (Eh tu sais quoi ? Moi aussi je voulais trop être Lara Croft❤ (mais MOI, j'ai un peu plus le matos que toi, à priori. Niark niark.)

  9. Alice 10 août 2014 à 14 h 28 min #

    Ne t’inquiète pas, avec l’internat, tu vas ré-apprendre à optimiser chaque seconde. Poste-coiffeur-banque-mail-ménage les lendemains de garde, potes-balades-cuisine-appeler Maman les dimanches de libre, livres-musique-(ménage) parce qu’aujourd’hui tu as pu partir une demi heure plus tôt….

    C »est un autre rythme que externat+révision ENC, c’est beaucoup mieux, mais c’est aussi une super formation pour optimiser chaque moment…

    Et c’est chouette aussi de « perdre son temps » à ne rien faire.

    Alors profite !!

  10. Loupiote 9 septembre 2014 à 21 h 54 min #

    Tu nous manque !!🙂

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