N’ayons pas peur de… quoi?

12 Oct

Depuis le mois de Septembre, j’ai l’immense joie d’être en DCEM2, soit la quatrième année de médecine. Je plonge donc dans le monde nouveau, tant attendu et pourtant peu réjouissant de l’externat. Maintenant je fais des gardes comme une grande. Je ne vais pas en cours, j’apprends dans des livres que j’ai achetés. Je n’ai plus une thune sur mon compte. De toute façon je ne sors plus, je bosse (hum). Et bientôt en stage, je remplirais des bons de radios comme une grande. Et le médecin ou l’interne SAURA qui je suis. Et tant pis si l’humanité s’en fout, pour moi c’est un grand pas.

Dans toutes ces nouveautés, il y a les « conf’ » (comprenez conférences ECN (comprenez Examen Classant National (comprenez concours de l’internat))). Les conf’, c’est donc un soir par semaine durant lequel je m’entraine à soigner des patients, ou tout du moins à ne pas les tuer (ça, c’est mon objectif du premier semestre, et c’est déjà beaucoup).

Lundi dernier, ma conf’ avait pour thème l’urologie : nous avons parlé torsion de testicule, éjaculation précoce et impuissance, en bref une soirée comme on les aime. Et j’ai appris un truc, bon en vrai plusieurs trucs, parce que c’est quand même l’enjeu de ces charmantes nocturnes à la fac, hein… Mais un truc en particulier :

C’est à cause des cathos que l’on trouve des éjaculateurs précoces. BAM. On savait qu’aller à l’église rendait obèse, mais alors celle-là, on l’avait pas vu venir ! Il faut dire qu’il n’y a pas eu une vraie étude américaine, aussi. Et bien en fait, pour être plus explicative _ et peut être un soupçon plus honnête par rapport aux propos exacts de mon prof, voici la logique : dans notre culture judéo-chrétienne, les ados ont peur de se faire surprendre en train de se masturber donc ils font ça vite, et donc voilà, ça donne des éjaculateurs précoces. CQFD.

Chers jeunes (hommes), n’ayez pas peur ! C’est un homme en blanc qui vous le dit.

Mais quelle vieille sangsue rétrograde, cette « culture judéo-chrétienne » ! On la retrouve partout, elle est de tous les débats. Étonnant, d’ailleurs, car enfin, ce n’est même pas une racine de l’Europe (je ferai une bonne « trolleuse », moi, tiens…). De la bioéthique au mariage gay, des jours fériés aux monuments historiques, de la vision de la politique à la conception de la justice, la culture judéo-chrétienne s’immisce partout, et ne laisse même pas les ados peinards, elle vient les pourchasser dans ce qui est pourtant l’acte solitaire par excellence. Et après, c’est les médecins qui doivent soigner les dégâts, alors merci bien, hein !

(Oui, d’ailleurs, j’y pense, merci bien, 22€ sont toujours bons à prendre ;-)  )

Il y a tant de choses autour de nous et en nous qui viennent de l’héritage judéo-chrétien qu’il devient difficile de savoir quoi exactement. Et pour une personne lambda (donc non catholique) en quête de liberté, je comprends que cela soit lourd à porter. Qu’elle ait envie de faire exploser toute cette « morale chrétienne ».

Face à la question de l’euthanasie, du mariage gay, et de toutes les interrogations actuelles, répondre « Dieu il serait pas content » et s’appuyer sur l’Évangile, ce n’est donc pas très adapté. En revanche, nous pouvons nous appuyer sur un raisonnement humain, une philosophie naturelle. Et là je commence à me dire que notre Créateur a quand même bien fait son boulot: il y a de bonnes raisons d’être contre l’euthanasie même si l’on n’est pas croyant. Et je crois que c’est là un bon défi pour les chrétiens d’aujourd’hui : retrouver par la morale humaine une justification des positions chrétiennes. D’abord pour nous, parce que nous sommes des hommes avant d’être des baptisés, et que nous nous devons d’être toujours en quête de la vérité.Puis pour que les non croyants puissent entendre notre discours, car aujourd’hui,  un argument basé sur la foi est nul et non avenu aux yeux du monde, et faut bien faire avec.

Mais cela ne doit pas être une auto-manipulation de l’intellect pour retomber sur nos pattes catholiques. Cette démarche exige donc une grande vérité envers soi-même, une remise en question parfois douloureuse de nos positions. Et l’acceptation d’être un peu perdu, parfois. Pourquoi au fond du fond du fond, suis-je contre l’euthanasie ? Ça peut faire peur, mais c’est un prix à payer pour être audible dans notre société contemporaine.

Et puis n’ayons pas peur, c’est un homme en blanc qui nous le dit.

Une Réponse to “N’ayons pas peur de… quoi?”

  1. @cyberdoc82 4 juillet 2012 à 20 h 04 min #

    Je suis d’accord avec ce que tu écris dans les 2 derniers paragraphes. « Nous devons être toujours en quête de la vérité » ne pas nous arrêter aux dogmes statiques( en religion et en médecine aussi). Nous devons être à l’écoute de nos frères et soeurs en humanité. Le seul commandement que Jésus nous a laissé c’est d’aimer son prochain comme lui nous a aimé, sans condition.( ce qui n’est pas une mince affaire!) Que ton coeur reste ouvert à la grâce dont tu auras besoin pour vivre pleinement ta vocation.
    Que Dieu te bénisse

Faites comme chez vous!

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